Fin des deuxièmes épreuves pour Scrum 6

Les épreuves c'est une épreuve

Fin des deuxièmes épreuves pour Scrum 6

Dans le domaine de la publication papier, il y a des process. Surtout à la fin, quand on arrive à la phase dites des épreuves. Avec mes éditions successives de Scrum et L’art de devenir une équipe agile, cela fait la 7e fois que je passe par les épreuves. C’est toujours aussi éprouvant, car c’est la fin des itérations d’amélioration à peu près libres pour un cadre plus contraint. Et surtout, cela annonce le bon à tirer ce qui pousse à considérer le niveau de finition qu’on veut pour le livre.

Voici la définition d’épreuve dans le domaine de l’imprimerie :

Feuille de papier très ordinaire sur laquelle on a imprimé une composition, avant le tirage définitif, et qui sert à la vérification et à l’inscription des corrections.

En fait, je reçois les épreuves sous forme d’un document pdf de Dunod que j’imprime, je note les corrections sur les feuilles de papier et ensuite je les reporte dans un fichier que je renvoie.

Je suis donc limité dans l’ampleur des corrections, puisque je ne modifie plus moi-même, je passe par une éditrice qui devra comprendre et reporter mes demandes de changement.

La phase des épreuves, c’est du process mais quand même itératif. Il y a en général 3 cycles d’épreuves. Pour Scrum 6, la première épreuve a tourné court parce qu’elles étaient ratées, avec des chapitres fantômes, et structure bancale qui les rendaient difficilement traitables. Le troisième jeu d’épreuves est celui qui va servir au bon à tirer, je n’y corrigerai que les défauts critiques, pour reprendre la terminologie du logiciel.

Le 2e cycle, que je viens de finir, était donc en quelque sorte ma dernière chance pour changer des trucs importants. J’y ai passé plus d’une semaine. J’ai procédé en lisant à voix haute. Dès que ma lecture coinçait, je m’arrêtais pour noter ce qui n’allait pas. C’est efficace mais demande beaucoup d’énergie, je ne l’ai pas fait pour les deux dernières parties qui comportent moins de texte nouveau.

Je viens de renvoyer mes corrections : environ 400, plus des documents annexes.

Parmi les changements significatifs :

  • j’ai refait bon nombre d’illustrations qui n’étaient plus à jour ou moins pertinentes, j’en ai ajouté de nouvelles, j’en ai supprimé aussi. J’ai notamment enlevé des mindmaps (que j’utilise énormément pendant la phase de création) quand elles ne faisaient que reprendre la (sous)structure d’un chapitre. Il est difficile de faire ce travail avant, car c’est avec la mise en page définitive qu’on voit ce qui ne va pas avec les illustrations).
  • j’ai réécrit le dernier chapitre. Cela a été souvent le dernier chapitre qui m’a demandé des efforts particuliers à la fin des six éditions de Scrum. L’envie de finir en beauté ? La difficulté à trouver comment conclure ? Sûrement.
  • j’ai réécrit les introductions des deux dernières parties. En effet, et c’est nouveau, il y a cinq parties dans le livre et chacune possède une introduction de deux double pages.
  • j’ai modifié de nombreuses admonitions. En rédaction, les admonitions correspondent à des digressions mises en style pour attirer l’attention. J’utilise trois types : l’exemple (qui sera symbolisé par un chat), le conseil (tip) et la note. Avec l’expérience des éditions précédentes, j’y avais réfléchi au début. Dans les parties de texte que je n’ai pas réécrit pour cette édition, j’ai effectué beaucoup de changements entre tip, note et texte normal.
  • j’ai ajouté des résumés de fin de chapitre. Les fins de chapitre ont varié au fil des éditions. Dans la 5e édition, c’était assez sophistiqué. Il m’est apparu que c’était un peu lourd et j’ai eu envie de tout supprimer avec l’introduction des parties. Finalement je suis revenu au résumé simple de la première édition. Je pense que c’est bien de les faire à la fin.

J’ai eu envie de changer bien plus de choses. En relisant des parties, je me suis parfois demandé pourquoi j’avais écrit ça. Je me suis dit plusieurs fois qu’il fallait tout réécrire. Ce n’est pas un nouveau livre, c’est une nouvelle édition, mais avec une intention nouvelle, ce qui fait que des textes conservés perdent parfois de leur intérêt. Je suis passé par des moments de doute, alors que c’est un moment où l’auteur a un tas de décisions à prendre dans un temps limité.

Bref, les épreuves c’est une épreuve, décrite avec talent par un auteur dans cet article : L’épreuve des épreuves.

La 3e épreuve a été intense aussi, mais plus courte. Maintenant c’est parti à la fabrication, pour une sorite dans les bacs le 19 janvier.

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