Le profil souhaité d'un coéquipier Scrum

Quelles sont les attitudes, compétences, capacités et exigences d'une équipe idéale ?

Le profil souhaité d'un coéquipier Scrum
Sommaire

Portrait du coéquipier idéal : nous reprenons les quatre traits déjà présentés pour le Scrum Master et le Product Owner (attitude, compétences, capacités, exigences), en les appliquant à un membre de l’équipe.

Le portrait d’un coéquipier"

Attitudes

Quel est l’état d’esprit souhaité pour les membres d’une équipe Scrum ?

Avertissement : si une personne n’est manifestement pas en phase avec l’attitude esquissée par les traits suivants, il paraît souhaitable qu’elle ne soit pas dans l’équipe. Cependant on ne choisit pas toujours qui fait partie de l’équipe. D’autre part, il est possible que l’attitude évolue lors du prélude, dont le but est justement de créer un esprit d’équipe.

Désir d’obtenir un résultat

Les équipiers partagent une identité collective, cernée par leurs valeurs et par la mission de l’équipe. L’alignement aide l’équipe à créer un accord sur l’accomplissement de sa mission.

Une personne qui n’est pas alignée avec le reste de l’équipe risque de poser des problèmes un jour. Attention, l’alignement n’empêche pas l’autonomie et n’est pas contradictoire avec la diversité.

Cette attitude est celle du travail ensemble vers une finalité.

Goût des autres

Le trait de caractère souhaité est l’altruisme.

L’entraide au sein de l’équipe est favorisée par le fait qu’il n’existe pas d’évaluation individuelle avec Scrum.

Exemple : quelqu’un qui vient de finir son travail demande si quelqu’un a besoin d’aide pour finir sa tâche, avant de commencer quelque chose de nouveau.

Cette attitude est celle du vivre ensemble (la convivance).

Envie d’apprendre le domaine métier

Il est plus facile de travailler si on connait l’usage de ce qu’on réalise. Un membre d’équipe sera plus efficace et plus motivé s’il est lui-même utilisateur, ou simplement s’il croit à l’intérêt du don qu’il va faire aux parties prenantes.

Cette attitude correspond à un état d’esprit orienté vers les utilisateurs.

Envie d’apprendre de nouvelles pratiques

Pour apprendre, il est nécessaire de changer ses habitudes. Un équipier n’a pas peur de sortir de sa zone de confort pour essayer une nouvelle pratique d’équipe.

Cette attitude correspond à une ouverture vers l’apprentissage continu.

Compétences

Quelles sont les compétences requises pour une équipe ?

Pour appliquer Scrum et l’agilité

Même si l’équipe possède en son sein une personne censée bien connaitre Scrum (le SM), il est souhaitable que tous les membres de l’équipe soient formés.

Ces compétences peuvent s’acquérir lors d’une formation de toute l’équipe et se consolider ensuite.

Techniques d’ingénierie pour arriver à un résultat

Le maitre mot est pluridisciplinarité. On attend d’une équipe agile qu’elle obtienne régulièrement un résultat de valeur. Pour y arriver, il est nécessaire qu’elle dispose des compétences permettant d’aller de la demande des utilisateurs jusqu’à la mise en service. C’est ce qu’on appelle la pluridisciplinarité.

Une équipe pluridisciplinaire c’est l’opposé des silos. Quand les équipes sont groupées par spécialité, il faut passer par plusieurs équipes pour arriver à produire de la valeur. Imaginons une équipe de développement et une autre équipe chargée de la vérification de la qualité et du test fonctionnel. Quand un élément est développé, il n’est pas fini avant d’avoir été vérifié et testé. Cette situation engendre des temps d’attente et des dépendances qui ne sont pas compatibles avec l’agilité souhaitée. Ces silos sont un vestige du modèle industriel et de sa division du travail en spécialités.

Dans l’équipe pluridisciplinaire, on retrouvera toutes les personnes œuvrant à la chaîne de valeur. Selon le domaine, les compétences sont évidemment variables. Par exemple, pour un produit comportant du logiciel, l’équipe inclura au moins des compétences d’analyste UX, concepteur, développeur, testeur, graphiste, rédacteur, mécanicien, électronicien, etc.

Avec Scrum, il n’y a pas de rôle d’architecte, de développeur web ou de testeur. Chacun vient avec ses spécialités et cherche plutôt à les partager qu’à les renforcer vers de l’hyperspécialité. L’idée est ainsi d’acquérir continuellement de nouvelles compétences par le partage.

Avoir un spécialiste, voire un hyperspécialiste, seul détenteur d’une compétence critique est risqué : cela crée une dépendance. La dépendance est encore plus forte si le spécialiste dont on a besoin n’est pas dans l’équipe.

Capacités

Quelles sont les capacités attendues pour les membres de l’équipe pour mettre en oeuvre leurs compétences ?

Expliquer les techniques et outils utilisés

Un équipier perçoit quand une information est utile à partager avec les autres. Il est alors capable d’expliquer sa solution aux autres.

Une personne de talent (ou un spécialiste qui possède une compétence pointue) mais qui ne sait pas transmettre peut constituer un obstacle.

Se focaliser pour finir un travail

Pour finir et obtenir un résultat, l’équipier sait se focaliser sur l’objectif défini collectivement.

La focalisation c’est pour éviter le multitâches, un fléau dans les organisations.

Exemple : un développeur est capable de se concentrer pendant une heure sans interruption pour finir sa tâche.

Travailler en groupe

Cette capacité porte sur la coopération, à deux (pair programming) ou avec l’équipe entière (mob programming)

Exigences

Quelles sont les contraintes qui portent sur le vivre ensemble ? Quels sont les impératifs qu’un membre d’une équipe Scrum pourrait se donner ?

Rester dans l’équipe suffisamment de temps

Cette exigence individuelle concerne l’engagement à rester dans l’équipe.

Pour devenir une équipe agile, les relations entre les équipiers sont essentielles. Elles se bâtissent par la pratique quotidienne, ce qui demande de la stabilité. Une exigence collective que peut se donner l’équipe est l’engagement à y rester un certain temps.

Bien entendu, il ne s’agit pas que la composition d’une équipe soit immuable. Il est des moments favorables pour ajuster la composition des équipes, sans toutefois les bouleverser.

Suivre les règles de travail de l’équipe

Cette exigence personnelle concerne les règles collectives.

Une équipe définit ses règles de vie ensemble (au cours du prélude). Les règles portent sur le fonctionnement au quotidien de l’équipe et chacun doit les respecter.

Exemples :

  • Un membre d’équipe, qui est arrivé en retard, apporte les chocolatines à la mêlée du lendemain, une règle que l’équipe avait instaurée pour éviter que la mêlée soit retardée.
  • Un équipier respecte la concentration d’un autre. Lorsque celui-ci réfléchit, il ne l’interrompt pas.

En effet, si une règle définie en commun n’est pas respectée c’est le signe d’un problème dans l’équipe.

Agir en accord avec son idéal

Chaque personne possède un idéal. Un idéal détermine une contrainte, une limite qu’il se donne dans l’exécution de son travail. Il peut porter sur le résultat, par exemple pour une personne qui ne veut pas faire un produit avec un impact négatif du point de vue écologique. Le plus souvent l’idéal concerne l’aspect social : il s’agit d’avoir de la reconnaissance dans l’accomplissement de son travail. L’exigence que se donne un membre de l’équipe est de pouvoir suivre son idéal dans son travail au sein du collectif.

L’équipe TAPIS

Dans mes derniers ouvrages, j’utilise l’acronyme TAPIS pour définir une équipe agile. Cela a même entrainé l’apparition d’un tapis volant et de l’hétérotopie.

Le TAPIS en bref

  • T comme de bonne Taille (de 3 à 9 membres, avec une préférence de 5 à 7),
  • A comme Auto-organisée (pas de chef),
  • P comme Pluridisciplinaire (elle couvre, collectivement, toutes les disciplines requises pour procurer de la valeur),
  • I comme possédant une Identité (il existe un sentiment d’appartenance de chacun·e à l’équipe),
  • S comme Stable (les membres de l’équipe restent ensemble longtemps).

Que deviennent les caractéristiques TAPIS dans la nouvelle grille de lecture ?

Cette grille définit un rôle selon l’attitude, les compétences, les capacités et les exigences.

Je considère le T et le S comme des exigences. La taille et la stabilité de l’équipe sont des contraintes que l’équipe s’impose pour dérouler efficacement ses activités.

Je place le P avec compétence. La plurisciplinarité est la caractéristique d’une équipe pour qu’elle obtienne un résultat sans dépendre de son environnement.

L’identité se retrouve dans l’attitude, et en particulier dans l’alignement sur une mission d’équipe.

Quant à l’auto-organisation, elle découle des capacités de l’équipe, en particulier celle de s’améliorer par elle-même.

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